[Media Caucus] Tunisia hunger strike

John Barker Johnb at article19.org
Tue Oct 18 17:52:34 BST 2005


HANI Abdel Wahab  wrote Tuesday, October 18, 2005 2:56 PM : 

URGENT: 
Sept personnalités nationales entament une grève de la faim illimitée
 
Ahmed Néjib Chebbi, Hamma Hammami, Abderraouf Ayadi, Mokhtar Yahyaoui, Mohamed
Nouri, Ayachi Hammami et Lotfi Hajji protestent contre le harcèlement,
l'intimidation, la privation des droits civiques et la répression de tout
esprit libre
 
 
Dans une première mondiale, sept personnalités tunisiennes du monde politique et
associatif viennent d'entamer une grève d ela faim illilimitée pour protester
contre la recrudescence des attaques contre la société civile tunisienne. 
 
Maître Ahmed Néjib Chebbi, secrétéire général du Parti progressiste démocratique
(PDP), Hammam Hammami, porte parole du Parti communiste ouvrier de Tunisie
(PCOT), Maître Abderraouf Ayadi, vice-président du Congrès pour la République
(CPR), le juge Mokhtar Yahyaoui, président du Centre de Tunis pour
l'Indépendance de la Justice et du Barreau (CIJT), Maître Mohamed Nouri,
président de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques
(AISPP), Maître Ayachi Hammami, coordinateur du Comité de défense de Maître
Mohamed Abbou (CDMA) et Lotfi Hajji, président du Syndicat des journalistes
tunisiens (SJT) sont en grève de la faim sauvage et illilimitée. 
 
Le cabinet de Maître Ayachi Hammami où se déroule la grève de la faim est
encerclé par un nombre impressionnant des forces de l'ordre qui interdisent
tout accès à l'immeuble.
 
Joint au téléphone, le président du Syndicat des journalistes tunisiens affirme
que les grévistes n'ont pas de revendications individuelles les concernant
comme individus mais réclament la cessassion des compagnes de harcèlement et
d'intimidation et l'arrêt de la politique répressive à l'égard des avocats, des
magistrats, des journalistes, des défenseurs et de tout esprit critique en
Tunisie. 
 
Peu avant de déclencher la grève de la faim, les grévistes ont tenu une
conférence de presse, boudée par les représentants du service public de
l'information et encerclée par la police.
 
Un très petit nombre de militantes et de militants ont pu contourner le mur de
police dressé à l'entrée de l'immeuble. Mais les grévistes sont isolés
physiquement du monde par ce grand barrage d epolice et tous les dangers ne
sont pas exclus.
 
Certains grévistes ont une situation fragile et ne peuvent supporter un jeune
prolongé, mais ils sont déterminés à arracher leurs droits à la liberté
d'association, d'_expression, d'organisation.
 
C'est une première que des personnalités du monde politique et associatif
entament une grève d ela faim pour une revendication si générale qui concerne
tout un peuple baillonné. 
 
Par le passé, le journaliste Taoufik Ben Brik, l'avocate Radhia Nasraoui ont
défréyé la chronique par leurs grèvesd ela faim légendaires, les anciens
prisonniers politiques Abdellatif Makki et Jalel Ayyed pour exiger leur droit à
l'éducation. Tout récemment l'ancien prisonnier politique Adel Thabti et la
citoyenne Khadija Hamami à Lyon pour réclmaer justice après confication de sa
maison par un prche de Mongi Chouchen, le puissant Secrétaire d'Etat à
l'Intérieur. Mais les grèves de la faim n'ont pas cessé dans les prisons
tunisinnes depuis le début des années 90. Les grèves légendaires des leaders
étudiants Néjib Baccouchi, Adel Selmi, Karim Harouni, de l'agriculteur
sexagénaire Hammadi Ben Abdelmalek, du journaliste Hammadi Jebali et des
centaines de prisonniers politiques ne s'arrêtent que pour se succéder.
 
Les sept grévistes de ce 18 octobre le font pour nous, tunisiennes et tunisiens
épris de liberté. Faisons savoir aux fin fonds du pays et dans le monde entier
ce cri d'alarme d'une Tunisie qui étouffe et suffoque sous la chappe de plomb.
 
Pour joindre les grévistes:
Cabinet de Maître Ayachi Hammami: +216 71 241 722, +216 71 335 801 (fixes)
Maître Ahmed Néjib Chebbi (PDP): +216 22 25 45 45 (cellulaire)
Hamma Hammami (PCOT): +216 22 79 57 79 (cellulaire)
Maître Abderraouf Ayadi (CPR): +216 98 31 71 92 (cellulaire)
Le juge Mokhtar Yahyaoui (CIJ-T): +216 98 66 74 63 (cellulaire)
Maître Mohamed Nouri (AISPP): ... ... ...
Maître Ayachi Hammami (Comité de défense de Me Abbou): +216 21 39 03 50
(cellulaire)
Lotfi Hajji (SJT): +216 98 352 262 (cellulaire)
 
Paris, le 18 octobre 2005
Abdel Wahab Hani
 <mailto:awhani at yahoo.fr> awhani at yahoo.fr
 

APPEL A L'OPINION PUBLIQUE

(traduction de l'arabe)

 

La Tunisie connaît depuis des années une détérioration  de sa situation
politique, sociale et culturelle. L'état des libertés a atteint, ces derniers
temps, un niveau de dégradation intolérable.

Au cours des dernières semaines, en effet, le pouvoir a saisi  le local de
l'Association Tunisienne des Magistrats (ATM) et installé à sa tête un  comité
fantoche ; il a par ailleurs provoqué une décision juridictionnelle en référé
pour empêcher la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) de tenir son 6è
congrès national et a au cours de la même période interdit la tenue du Congrès
du Syndicat des Journalistes Tunisiens (SJT).  La situation des détenus
politiques, dont l'épreuve dure depuis plus d'une décennie, a connu une
détérioration alarmante : les mauvais traitements et la pratique de la torture
connaissent de nouveaux rebondissements.

Les partis politiques, privés de l'utilisation des espaces publiques et de tous
les moyens d'intervention politique, se trouvent paralysés et littéralement
assiégés.

Ces développements graves interviennent à un moment où des secteurs entiers de
la société civile, avocats, magistrats, journalistes, universitaires,
syndicalistes, militants d'associations de défense de droits humains, ont
exprimé par des mouvements collectifs, leur aspiration à plus de liberté et à
une plus grande participation. Ils interviennent aussi à un moment où la
Tunisie s'apprête à accueillir, le mois prochain, la deuxième moitié du Sommet
Mondial des Sciences de l'Information.

Ignorant délibérément ces aspirations et ces exigences, le pouvoir a accru, ces
derniers jours, ses mesures répressives, n'hésitant pas à interdire les
réunions des sections locales de la LTDH et à brutaliser certains de leurs
responsables. Par ailleurs lors des procès politiques, le pouvoir interdit au
public et aux observateurs l'accès des tribunaux violant par là le principe de
la publicité des procès.

Cette option sécuritaire systématique met les élites sociales et politiques du
pays devant un grave défi : s'incliner devant la force et l'arbitraire ou les
affronter par les moyens pacifiques ! 

Pour exprimer leur refus de l'arbitraire et exiger le respect des droits
politiques et humains du peuple tunisien, les signataires de cet appel,
représentants d'associations de la société civile et de partis politiques, ont
décidé d'entreprendre une grève illimitée de la faim à compter du mardi 18
octobre 2005 ils réclament :

1)      la liberté d'association 

par la reconnaissance de toutes les associations et de tous les partis qui
aspirent à une existence légale et la levée de toutes les entraves qui bloquent
l'activité des associations et des partis légalement reconnus, notamment
l'Association Tunisienne des Magistrats, la Ligue Tunisienne des Droits de
l'Homme  et le Syndicat des Journalistes Tunisiens

2)      la liberté de presse et des médias

par la levée de la censure frappant la presse écrite, les publications et les
sites internet, par la cessation des pressions exercées sur les journalistes,
l'ouverture des médias audio-visuels à tous les courants de pensée,
l'institution d'une autorité indépendante et plurielle qui prendrait en charge
le contrôle de ce service public et en fin la remise des récépissés à tous les
journaux qui en ont fait la demande pour permettre leur parution, en attendant
l'abrogation de cette mesure injuste.

        3) la libération des prisonniers politiques

la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, islamistes,
internautes, jeunes injustement accusés de terrorisme ainsi que la libération
de l'avocat Mohammed Abbou et l'adoption d'une loi d'Amnistie Générale.

Les grévistes de la faim lancent un pressant appel à toutes les forces
démocratiques, associations, partis, personnalités indépendantes, pour qu'elles
se mobilisent autour de cette grève, lui apportent toute forme de soutien et
fassent aboutir ses revendications, prélude aux Réformes et au Changement
Démocratique.

 

Tunis le 18 octobre 2005

 

 

CALL TO THE PUBLIC OPINION

 

 Tunisia has been living for years a deterioration of its political, social and
cultural situation.  Freedoms reached, lately, an intolerable level of
deprivation.  

 During these last weeks, the regime seized the headquarters of the Tunisian
Association of Magistrates [ATM] and installed at its head a puppet committee;
in addition it fixed a jurisdictional decision to avoid the Human Rights'
League [LTDH] to hold its 6th national congress and, during the same period,
banned the congress of the Tunisian Journalists Syndicate [SJT].  

 The situation of the political prisoners that has been lasting for more than a
decade is alarmingly worsening: bad treatments and torture are bouncing back. 


 Political parties which are deprived of the use of public spaces and any
resources of political intervention are paralysed and literally besieged.   

 These serious developments intervene at a time when important sectors of the
civil society, lawyers, magistrates, journalists, academics, syndicates,
militants of human rights' defense, collectively expressed their aspiration for
more freedom and a more important participation. They also intervene while
Tunisia is ready to host next month, the World Summit for Information Society
[WSIS].  

 Deliberately ignoring these aspirations, the regime increased repression these
last days. It did not hesitate to prohibit meetings of local sections of the
LTDH and to brutalize some of their members. On another hand, during political
lawsuits, violating the principle of lawsuits exposure to the public, the
regime prohibited the courts' access to the public and to observers.  

 This systematic security option puts the social and political elites in front
of a serious challenge:  either accept the arbitrary use of force or face the
the regime with peaceful means!  

 To express their refusal of arbitrariness and to demand the respect of
political and human rights of the Tunisian people, the signatories of this
call, representatives of associations from the civil society and political
parties, decided to undertake an unlimited hunger strike as from October 18,
2005

  They claim: 

 1.      Freedom of association by:

?Recognizing all associations and parties that claim a legal existence

?Removing all obstacles, which block the activity of associations and legally
recognized parties, in particular the Tunisian Association of the Magistrates,
the Tunisian League of Human Rights and the Tunisian Journalists Syndicate.  

2.  Freedom for the press and the media by:

?Stopping the censure striking the written media, publications and Internet
sites 

?suspending pressures exerted on journalists

 Opening the audio-visual media to all schools of thought

?Instituting an independent and plural authority, which would deal with the
control of this public utility

?Giving receipts to all newspapers which ask for the authorization to publish
(while waiting for the abrogation of this unjust measure).  

3. The immediate release of political prisoners 

The release of all political prisoners, Islamists, Net surfers, young people
wrongfully accused of terrorism as well as the release of the lawyer Mohammed
Abbou and the adoption of a general amnesty law.  

 The hunger strikers launch a pressing call to all the democratic forces,
associations, parties, independent personalities, to mobilize around this
strike, bring any form of support to it and make succeed its claims, which are
a prelude to Reforms and Democratic Change.  

 

Tunis le 18/10/2005



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