[Media Caucus] Tunisia: Police beat two journalists when they try to interview detained lawyer's wife - Tunisie : Deux journalistes tabassés alors qu'ils tentaient de rencontrer l'épouse du défenseur des droits de l'homme Me Mohammed Abbou

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Fri Aug 18 08:40:54 BST 2006


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18 August 2006

Reporters Without Borders / Action by Christians for the Abolition of Torture

Tunisie

Deux journalistes tabassés alors qu'ils tentaient 
de rencontrer l'épouse du défenseur des droits de 
l'homme Me Mohammed Abbou

Deux journalistes, Slim Boukhdir et Taoufik 
Al-Ayachi, ont été passés à tabac, le 16 août 
2006, alors qu'ils se rendaient chez Samia Abbou, 
l'épouse du célèbre avocat et cyberdissident 
Mohammed Abbou, afin d'y réaliser une interview. 
Un important dispositif de police est en effet 
déployé autour de son domicile depuis qu'elle a 
mené, le 13 août, une grève de la faim pour 
demander la libération de son mari.

En arrivant aux abords du domicile de la famille 
Abbou, Slim Boukhdir, journaliste au quotidien 
Al-Chourouk et correspondant à Tunis du site 
Internet de la chaîne Al-Arabiya, ainsi que 
Taoufik Al-Ayachi, journaliste de la chaîne de 
télévision Al-Hiwar qui émet depuis l'Italie, ont 
été pris à partie par une douzaine de policiers 
qui les ont battus. La caméra de Taoufik 
Al-Ayachi a été confisquée tandis que Slim 
Boukhdir réussissait malgré tout à entrer chez 
Samia Abbou. Il a été appréhendé à sa sortie puis 
emmené à l'écart pour être tabassé une nouvelle 
fois.

Slim Boukhdir est régulièrement harcelé depuis 
qu'il a publié, sur Internet, des articles 
critiques vis-à-vis du régime tunisien. Mis au 
ban par son journal, aucun de ses articles n'y a 
été publié depuis novembre 2005 et son salaire 
est gelé depuis février 2006. On lui refuse par 
ailleurs l'attribution d'une carte de presse et 
son passeport lui a été confisqué. Pour protester 
contre ces sanctions, le journaliste avait mené 
une grève de la faim du 4 avril au 16 mai 2006. 
Les autorités étaient restées sourdes à ses 
revendications. Quant à Taoufik Al-Ayachi, il 
fait actuellement l'objet d'une poursuite 
judiciaire pour "tournage illicite" après avoir 
couvert une manifestation de soutien au Liban, 
incident lors duquel il avait déjà été passé à 
tabac.

Le cas Abbou

Surnommé "l'avocat de la liberté", Mohammed Abbou 
est emprisonné depuis le 1e mars 2005 à la prison 
du Kef (à 170 km de Tunis). Il a été condamné, le 
29 avril 2005, à trois ans et six mois de prison, 
à l'issue d'un simulacre de procès. Sa peine a 
été confirmée en appel deux mois plus tard. 
L'avocat était jugé dans le cadre de deux 
affaires. Il a été condamné à trois ans et demi 
de prison notamment pour la publication sur 
Internet d'un article dans lequel il comparait 
les tortures infligées en Tunisie à des 
prisonniers politiques aux exactions de soldats 
américains à Abou Ghraib.

Sa femme, Samia Abbou, se bat inlassablement pour 
protester contre les conditions de détention 
terribles de son mari, qui se sont dégradées 
notamment depuis que son épouse et ses quatre 
avocats ont organisé, le 2 mars 2006, une 
manifestation devant sa prison. Samia Abbou et 
ses enfants sont également victimes de 
harcèlements constants.

Reporters sans frontières et l'ACAT-France 
demandent aux autorités tunisiennes :

-  qu'elles cessent d'avoir recours aux violences 
physiques et aux sanctions pour faire taire les 
journalistes qui s'intéressent à la situation des 
droits de l'homme ;
-  de respecter ses engagements internationaux en 
matière de détention et que Me Abbou soit libéré 
dans les plus brefs délais.

Les deux organisations condamnent vivement les 
harcèlements dont est victime Samia Abbou depuis 
l'incarcération de son mari et tiennent à lui 
exprimer leur solidarité.

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Tunisia

Police beat two journalists when they try to interview detained lawyer's wife

Two journalists, Slim Boukhdir and Taoufik 
Al-Ayachi, were beaten by police yesterday in 
Tunis when they went to the home of Samia Abbou, 
the wife of imprisoned lawyer and cyber-dissident 
Mohammed Abbou, to interview her. A large number 
of police have been stationed around her home 
ever since she staged a one-day hunger strike on 
13 August to demand his release.

Boukhdir works for the daily Al-Chourouk and is 
the Tunis correspondent for a website operated by 
the pan-Arab TV station Al-Arabiya. Ayachi works 
for Al-Hiwar, a TV station that broadcasts from 
Italy. They were accosted and beaten by about a 
dozen policemen and Ayachi's camera was 
confiscated when they arrived at the Abbou family 
home. Boukhdir managed to get into the house but 
was stopped, led away and beaten again when he 
came out.

Boukhdir has often been harassed since he posted 
articles on the Internet criticising the Tunisian 
regime. His newspaper stopped publishing his 
articles in November 2005 and froze his salary in 
February of this year. The authorities have also 
refused to give him a press card and have 
confiscated his passport. He staged a hunger 
strike from 4 April to 16 May in protest, but the 
government turned a deaf ear.

Ayachi has been subject to judicial proceedings 
on a charge of "illicit filming" ever since he 
covered a demonstration in support of Lebanon, 
during which he was beaten.

Known as the "freedom lawyer," Mohammed Abbou has 
been detained since 1 March 2005 in Kef prison, 
170 km from Tunis. At a sham trial on 29 April 
2005, he received a total of three and a half 
years in prison terms, which were upheld on 
appeal two months later. His offences included 
posting an article on a website that compared the 
torture of political prisoners in Tunisia to that 
perpetrated by US soldiers at Abu Ghraib prison 
in Iraq.

His wife has staged repeated protests against his 
deplorable prison conditions, which worsened 
after she and four lawyers staged a demonstration 
outside the prison on 2 March. She and her 
children are also the targets of constant 
harassment.

Reporters Without Borders and ACAT-France (Action 
by Christians for the Abolition of Torture) 
demand that the Tunisian authorities:

-  stop using physical violence and sanctions to 
silence journalists who take an interest in human 
rights issues;
-  respect their international undertakings as 
regards detention and release Mohammed Abbou at 
once.

The two organisations also firmly condemn the 
harassment of Samia Abbou since her husband was 
imprisoned, and express their solidarity with her.
-- 

Bureau Internet et libertés / Internet Freedom desk
___________________________________________

Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
TEL: ++ 33 (0) 1 44 83 84 71
FAX: ++ 33 (0) 1 45 23 11 51
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