[Privsec] Welcoming new member

Hervé Le Crosnier herve at info.unicaen.fr
Tue Jan 31 13:11:55 GMT 2006



karen banks a écrit :
> dear all
> 
> I have just subscribed Hervé Le Crosnier to our list..  Hervé, would you 
> like to introduce yourself briefly?
> 
> karen


	Thanks Karen,

	I'm a teacher at University of Caen - France, mostly
	teaching "the internet", from the technological side
	(how to build websites) and the societal side (how
	internet is accompanying a radical change in the
	world affairs... for worst and best).

	Before, i was a librarian for ten years, and I
	founded BIBLIO-FR, which is a discussion list for
	french talking librarians, with 12 years long and
	now about 14 000 readers.

	I'm also a publisher, and we released two months ago
	a book about "informations societies", with 30 authors
	all well known peoples from de WSIS_Civil society.
	Though the whole book will agree CS peoples,
	two articles from this book are of interest for this
	list : Cybercrime by Stephanie Perrin and
	Human Rights by Rikke F Jorgenssen. All articles
	are in four languages (french, english, spanish and
	portuguese). (http://cfeditions.com) Articles will be
	published once a week on the internet through a creative
	commons licence at http://vecam.org

	I follow the WSIS process since 2002, even if i'm not
	always writing (i'm not that fluent with english writing
	to send long mails :-)))

	For french reading peoples, i enclose by the end of
	this message the last paper I wrote on december on the library
	list concerning RFID in libraries, by attempting to give
	librarians a view on possible dangers for privacy.

	Thanks for subscribing me to Privsec list.

Hervé Le Crosnier

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De : "Hervé Le Crosnier" <herve at info.unicaen.fr>
Date : Tue, 20 Dec 2005 10:43:19 +0100
Objet : RFID en bibliothèques


     Bonjour,

     Chacun le sait bien : "quand c'est possible, ce sera fait".

     Alors, nous irons dans un monde de RFID. Même si les dangers
     pour les libertés civiques sont importants.

     Un excellent document européen du groupe "article 29"
     en fait la synthèse :
http://europa.eu.int/comm/justice_home/fsj/privacy/docs/wpdocs/2005/wp105_fr
.pdf

     En deux mots : les puces RFID permettent de stocker des
     informations sur chacun des objets du monde. Pas seulement les
     séries, comme les codes-à-barre ou les ISBN... mais chaque
     objet particulier. Pour les bibliothèque, cela veut dire
     chaque livre, chaque personne, chaque élément d'un ensemble,...

     Plus encore, les RFID permettent de lire les informations à
     distance (par "radio fréquence"). Imaginez : vous poussez
     votre chariot de supermarché sous le portique, et vous obtenez
     directement votre compte de caisse. Allez, il est même débité
     automatiquement de votre carte du magasin, elle aussi dotée
     d'une puce RFID. Vous prenez un livre sur les
     rayons de la bibliothèque et vous sortez, hop, l'enregistrement
     du prêt est enregistré à distance.

     Fabuleux. Fini les tâches répétitives, les enregistrements, les
     douchettes, les queues aux banques de prêt ou aux caisses...

     Certes, l'emploi va en subir les conséquences... mais on le
     retrouvera dans les usines à fabriquer les RFID (ailleurs) et
     les évolutions des systèmes informatiques (autre niveau de
     qualification). Mais si on commence à poser des problèmes
     adventices, on n'avancera jamais vers le progrès.

     Les meilleures institutions du monde participeront à la
     mise en place de cette technologie. Parce qu'elle améliore
     la logistique, parce qu'elle facilite le travail, parce
     qu'elle évite des tâches ennuyeuses de récolement,
     d'inventaire, de recherche d'objets...

     Alors nous devons au moins préserver la société du pire.

     C'est pourquoi je voudrais faire un commentaire sur la récente
     "Recommandation française pour l'utilisation de l'identification
      par radiofréquence en bibliothèque".
http://www.adbdp.asso.fr/outils/infogestion/rfid/idrabib-01.htm

     Un bon travail d'interopérabilité. Une définition précise
     des éléments d'identification des objets qui permettrait de
     faire le lien entre le "monde physique" et les "enregistrements
     informatiques", indépendamment des systèmes choisis.

     Mais une faiblesse, assumée par les rédacteurs (les associations
     de bibliothécaires et les fabricants de logiciels ou de RFID) :
     "de simples indications concernant les données contenues dans
      une puce RFID d'emprunteur, le besoin de standardisation
      concernant ce dernier cas n'étant pas encore clairement
      identifié."

     Si l'on ne peut dire ce que doit comporter une puce
     identificatrice de personne, on doit pouvoir d'avance préciser
     ce qu'il est inacceptable d'y voir figurer.

     Certes, ceci devrait faire l'objet d'une loi de protection
     des personnes vis-à-vis des intrusions dans la vie privée.
     Mais je doute fort que l'on arrive à ceci, tant les intérêts
     commerciaux (le traçage, le "marketing one-to-one", et la
     fameuse et sempiternelle "compétition internationale".).

     Donc c'est aux professions sensibles à l'intérêt des usagers
     de prendre les devants et de "s'auto-interdire", par choix,
     par chartre, par règles, par "recommandation", par
     déontologie... des usages qui pourraient naître dans des
     cerveaux "opérationnels", "fonctionalistes", "optimisateurs"
     mais qui seraient contraires aux droits civiques.

     Ainsi, garantir que le "champ libre" de données des RFID ne
     contiendra jamais d'historique des emprunts, de mention des
     sanctions éventuellement infligées (pour retard, ou autre...),
     ni d'informations sur l'âge, le sexe, la religion. Ni même
     d'informations clairement déchiffrables en dehors des
     circonstances qui ont amenées à la création d'un enregistrement
     RFID. En clair : pas d'informations concernant directement la
     personne (adresse, tel, ...) juste une information codée
     permettant à la seule bibliothèque émettrice de retrouver la
     personne (son code d'emprunteur,...).

     Car les puces RFID peuvent être lues à distance, donc sans
     l'accord, le consentement, la connaissance même de son porteur.
     Imaginez l'état de "transparence" dans lequel nous irons
     demain....

     Gardons-nous donc d'être les chevaux de Troie d'une invasion
     de la sphère privée.... Et précisons le haut et fort, dès
     maintenant.

Hervé Le Crosnier


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